Une histoire qui mérite que l'on éteigne la télé…
J’ai eu le plaisir de discuter avec un ancien pilote de Spitfire de SasKatoon, Gordon Wilson, qui a effectué des sorties en Afrique du Nord et en Italie. Il m’a parlé de vols où l’atmosphère était très tendue, de fois où il s’en est fallu de peu et, même, d’un écrasement. M. Wilson relatait les expériences qu’il a vécues pendant la guerre avec un certain pragmatisme qui, sans être exempt d’émotions, ne trahissait pas non plus de mélancolie, sauf à un certain moment…
Pendant notre conversation, le mordu d’aviation que je suis n’a pas pu se retenir de demander : « Ça fait quoi, d’être aux commandes d’un Spitfire? » J’ai alors pu entendre M. Wilson sourire au téléphone, céder à cet unique instant de mélancolie et me raconter l’expérience comme un « rêve qui devient réalité », un « coup de foudre immédiat ». Très vite il s’est repris et m’a déclaré : « Si tu tires le meilleur de cet engin, tu peux avoir beaucoup de plaisir, mais si c’est l’engin qui a le dessus sur toi, là les ennuis commencent. » Même si je ne pourrai jamais appliquer ce conseil, je suis content de l’avoir entendu.
Une fois l’entrevue terminée, je pensais aux voisins de M. Wilson en me demandant s’ils savaient tout cela – que ce monsieur âgé ratissant les feuilles la maison à côté s’était un jour écrasé en Italie derrière les lignes ennemies alors qu’il était aux commandes d’un Spitfire, et qu’il avait réussi à fuir.
On se demande pourquoi on allumerait la télé après cela…
Sam Gojanovich

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